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Faut-il une prescription ou des radios avant de consulter un podologue ?


Ces derniers mois, j’ai reçu plusieurs patients adressés au cabinet avec des télémétries des membres inférieurs (radiographies du bassin et des jambes réalisées debout) prescrites avant même la consultation podologique. Très souvent, les patients m’expliquaient que ces examens avaient été réalisés “parce que le podologue en aurait besoin”.


Cette situation revient suffisamment souvent pour qu’il me paraisse important de clarifier les choses.


Dans la grande majorité des cas, il n’est pas nécessaire de réaliser une radio du bassin, une télémétrie des membres inférieurs ou tout autre examen d’imagerie avant de consulter un podologue.


Et surtout : il ne faut pas faire d’imagerie médicale “juste pour le podologue” avant même d’avoir bénéficié d’un examen clinique.


Pas besoin d’ordonnance ni de radios systematiques avant une consultation podologique


C’est une question qui revient très souvent, aussi bien au cabinet que sur les réseaux sociaux :


« Est-ce qu’il faut une ordonnance pour consulter ? »

« Est-ce qu’il faut faire des radios avant ? »


La réponse est simple : dans la très grande majorité des cas, non.


Pour consulter un podologue, il n’y a pas besoin de prescription médicale préalable, et il n’y a pas besoin non plus de réaliser des examens d’imagerie systematiquement avant le bilan clinique.


Le cœur du métier : l’examen clinique


Le travail du podologue repose avant tout sur un examen clinique complet et orienté.


L’objectif n’est pas de “faire de la géométrie” sur un patient ou de rechercher obsessionnellement une asymétrie sur une radio. Le véritable enjeu est de comprendre comment le patient fonctionne :


* comment il marche,

* comment il court,

* comment il charge ses appuis,

* comment son corps s’adapte à l’effort,

* quelles sont ses contraintes mécaniques,

* quelles sont ses stratégies motrices,

* et surtout : quels éléments sont réellement liés à ses symptômes.


C’est uniquement à partir de cet examen clinique qu’il devient possible de répondre à la vraie question :


« Est-ce que des semelles sont utiles dans ce cas précis… ou non ? »


Car contrairement à certaines idées reçues, on ne traite pas une image radiologique. On traite un patient.


Radios du bassin, télémétrie des membres inférieurs : sont-elles nécessaires avant une consultation ?


Il arrive régulièrement que des patients arrivent au cabinet avec :


* une radiographie du bassin,

* une télémétrie des membres inférieurs,


En réalité, dans la majorité des cas, ce n’est pas nécessaire.


Pourquoi ?


Parce qu’avant de chercher une éventuelle inégalité de longueur ou une asymétrie sur une image, il faut déjà déterminer si cette information a un intérêt clinique réel.


Et cela, seule l’évaluation clinique peut le dire.


Une différence anatomique mesurée sur une télémétrie n’est pas automatiquement pathologique. Beaucoup de personnes présentent de petites asymétries sans jamais développer de douleur ni de limitation fonctionnelle.


Inversement, certains patients très symptomatiques présentent des imageries normales.


L’essentiel n’est donc pas uniquement ce que montre l’image, mais la manière dont le patient fonctionne, marche,bouge et s’adapte mécaniquement.


Une image figée ne reflète pas toujours la réalité fonctionnelle


C’est un point essentiel.


Une radiographie montre une structure anatomique statique.

Mais le corps humain fonctionne en mouvement.


Deux patients peuvent présenter exactement la même asymétrie radiologique :


* l’un n’aura aucune douleur,

* l’autre développera des symptômes.


La littérature scientifique montre d’ailleurs que certaines asymétries pelviennes ou différences de longueur sont fréquentes dans la population générale et que leur lien avec la douleur reste complexe et parfois faible.


C’est exactement pour cette raison que l’examen clinique reste prioritaire.


Les recommandations actuelles vont dans le même sens


Les recommandations modernes en médecine musculo-squelettique insistent de plus en plus sur une utilisation raisonnée de l’imagerie médicale.


En l’absence de signes d’alerte (“red flags”), les examens complémentaires ne sont généralement pas indiqués en première intention.


Autrement dit :

on examine d’abord,

on décide ensuite.


Faire des examens “préventifs” sans indication clinique claire peut :


* irradier inutilement le patient,

* découvrir des anomalies sans rapport avec les symptômes,

* inquiéter inutilement,

* brouiller le raisonnement clinique,

* et parfois retarder une prise en charge adaptée.


Alors, faut-il apporter ses examens ?


Oui, bien sûr… s’ils existent déjà.


Si des radios, IRM ou autres imageries ont été réalisées parce qu’un médecin a jugé pertinent de les demander, il est tout à fait utile de les apporter en consultation, surtout lorsqu’elles sont récentes.


Ces examens peuvent fournir des informations complémentaires intéressantes.


Mais ils ne doivent pas être réalisés systématiquement “pour le podologue”.


Et si le podologue pense qu’une imagerie est nécessaire ?


C’est justement le rôle du bilan clinique.


Si, après examen, le podologue estime qu’une imagerie médicale pourrait être pertinente, il rédigera un courrier argumenté à destination du médecin traitant afin de lui expliquer :


* le contexte clinique,

* les éléments retrouvés à l’examen,

* et les raisons pour lesquelles un examen complémentaire pourrait être utile.


Le médecin restera ensuite décisionnaire de la prescription.


La logique médicale est donc simple et cohérente :


* d’abord l’examen clinique,

* ensuite seulement les examens complémentaires si nécessaire.


La logique moderne de prise en charge


Aujourd’hui, la médecine évolue vers une approche plus rationnelle et plus fonctionnelle du corps humain.


L’objectif n’est plus de multiplier les images “au cas où”, mais :


* de mieux examiner,

* de mieux comprendre le patient,

* et de demander uniquement les examens réellement utiles.


En podologie aussi, la priorité reste donc simple :


d’abord l’examen clinique,

ensuite la décision.


Radio ou pas radio.

Semelles ou pas semelles. (Et si oui de quel type)


Tout se décide après avoir examiné le patient.

Jamais avant.


Bibliographie








 
 
 

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